Tour d’horizon des pratiques funéraires insolite
Lentement, les cimetières écologiques font leur apparition en France. À Ivry, en région parisienne, un nouvel espace funéraire vient d’ouvrir qui n’accueillera que des cercueils en carton et en bois français non verni, sans caveaux de béton. Aucun monument à sa s
urface, mais des stèles en bois.
Ailleurs en Occident, certains vont plus loin dans l’écologie. Ainsi, la Suède admet depuis les années 1990 la pratique de la promession qui consiste à réduire le corps du défunt en poudre, après congélation et immersion dans de l’azote liquide. La poudre ainsi produite peut servir d’engrais au bout de 10 à 12 mois et faire pousser un arbre. Une vingtaine d’États américains, canadien et australien autorise déjà une autre alternative à l’incinération : l’aquamation qui dissout le corps du défunt pour en tirer une eau fertile.
À partir de 2020, l’État américain de Washington va légaliser le compost humain : pour 5 500 dollars, une entreprise dédiée propose ainsi de laisser se décomposer un corps 30 jours dans une capsule à l’aide de copeaux de bois et d’agents microbiens. Les familles peuvent ensuite récupérer cet humus pour par exemple planter un arbre commémoratif ou le laisser aux humusateurs pour qu’ils le répandent ailleurs.
À l’opposé du retour à la terre, plusieurs entreprises proposent aujourd’hui des « inhumations spatiales ». Pour un coût allant de 1 500 à 3 800 euros, elles transportent les cendres dans une capsule gravée aux initiales du défunt jusqu’à une navette spatiale en orbite. En France, toutes ces pratiques sont interdites, incompatibles avec la loi actuelle imposant de traiter les restes humains avec « dignité ».
Claire Gandanger