Après avoir perdu ses deux parents, Catherine Heitz a trouvé le soutien nécessaire auprès de son pasteur et du groupe de deuil qu’il anime.

Les parents de Catherine Heitz sont décédés à un an d’intervalle, d’abord sa mère en 2017 puis son père l’an dernier. « J’avais tout perdu, mes piliers, mes racines, j’étais complètement déboussolée », confie la cadette de sa fratrie restée très proche de ses parents jusqu’à la fin. Pour cette infirmière, pas question de partager cette peine avec son conjoint. « Le deuil est quelque chose de très personnel. » C’est dans la communauté de sa paroisse qu’elle a trouvé le soutien qui lui a permis de tenir. D’abord aux côtés du pasteur, puis grâce au café-deuil qu’il anime et où elle peut venir échanger régulièrement avec des personnes qui traversent les mêmes épreuves. Ce type de réunion est « primordial », insiste-t-elle.
Dans ce groupe de deuil, Catherine Heitz trouve aujourd’hui encore un endroit où elle peut « lâcher prise », à contre-courant d’une société où les gens ne veulent pas entendre parler de la mort. Certaines paroles de son entourage l’ont blessée : « On m’a notamment dit : ‘’redeviens celle que tu étais avant” », se souvient-elle. « Quand on perd un proche, tout le monde vous accompagne lors de l’enterrement. Mais après la vie continue pour les autres. Chacun retourne vite à ses occupations. Beaucoup de gens disent qu’au bout d’un an ça va mieux. Pour moi ce n’est pas le cas. On ne tourne pas une page, on continue et on évolue mais la douleur est toujours là. »
Dans ce temps de grande vulnérabilité, Catherine Heitz a dû résister aux sirènes de ce qu’elle appelle « les dérives ». « Une collègue m’avait conseillé de me tourner vers une énergéticienne pour me faire faire un bracelet de chemin de vie de ma mère. Cette femme a essayé de m’embarquer dans des dérives coûteuses. J’ai compris que ça n’allait pas m’aider. Heureusement que mon pasteur était là pour me ramener à la réalité. Il m’a mise en confiance. » Auprès de lui, la femme a trouvé l’écoute dont elle avait besoin. « Je réapprends à vivre à travers cette écoute qui fait que je n’ai pas sombré. Aujourd’hui, je refais surface tout doucement grâce à lui. J’apprends à envisager que c’est ça ma nouvelle vie sans eux. J’arrive à me lever le matin et à me dire que ça ne changera plus jamais. Ça mettra le temps que ça mettra. »
Claire Gandanger