Les 75 ans de la Fédération des œuvres évangéliques

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Au lendemain de la Seconde Guerre, œuvres et institutions protestantes d’Alsace et de Moselle ont décidé d’unir leurs forces au sein de la Fédération des œuvres évangéliques. Repères historiques.

La naissance de la Fédération des œuvres évangéliques (FOE) doit beaucoup au charisme de son premier président, le pasteur Henri Ochsenbein, figure marquante de la diaconie protestante en Alsace et même au plan européen. Directeur de la Sémis (Société évangélique - mission intérieure de Strasbourg) depuis 1947, il était convaincu de l’importance de coordonner les œuvres et les mouvements du protestantisme. Il parvint à persuader un petit groupe de responsables de fédérer les institutions protestantes d'Alsace et de Moselle. Il trouva un précieux allié, presqu’un complice, en la personne du préfet du Bas-Rhin, René Paira, un Alsacien d’origine protestante, qui exigeait d’avoir « un répondant qualifié » pour négocier le montant des réparations des dommages de guerre, établir un plan régional d’investissement et faire entrer les œuvres protestantes dans une stratégie d’ensemble. L’assemblée générale constitutive de la FOE se tint le 29 octobre 1949, à Strasbourg, à l’hôtel Pax de la Croix-Bleue, avec une trentaine de personnes morales fondatrices. Dès 1950, la plupart des organismes protestants actifs en Alsace et en Moselle avaient rejoint la FOE. Les Églises luthérienne, réformée et libre étaient représentées de droit au conseil d’administration. Il était temps que les œuvres protestantes coordonnent leurs efforts. Les chantiers de l’après-guerre étaient à peine entamés : réparer ou reconstruire les bâtiments détruits par les combats et reconstituer les associations alsaciennes et mosellanes qui avaient toutes été dissoutes par les nazis. Certains établissements saisis pendant l’Annexion durent attendre plusieurs années avant de pouvoir reprendre leur activité. Quelques-uns avaient été partiellement détruits. C’était le cas du Sonnenhof dont la remise en état exigea la somme considérable de cent millions de francs. L’appui de la FOE facilita la mobilisation des crédits indispensables pour réparer les dommages causés par la guerre, pour améliorer l’existant et pour créer de nouveaux services. La Fédération accompagna ainsi la spécialisation et la modernisation des établissements. Elle était souvent sollicitée pour obtenir les subventions indispensables auprès des pouvoirs publics. La FOE sut aussi être la vitrine des institutions protestantes locales. Elle les faisait connaître par des publications régulières dans Le Messager et la presse locale. Elle organisait aussi des collectes et la répartition des dons, parfois en nature, provenant d’institutions suisses ou américaines Une petite année après la constitution de la FOE, la Fédération des Institutions chrétiennes (FIC) vit le jour à Paris pour la « France de l’intérieur ». Une coopération inter-fédérative existait mais, en Alsace et en Moselle, très en avance dans le domaine sanitaire et social, les priorités n’étaient pas les mêmes qu’ailleurs. Dès la fin du XIXe siècle, dans l’ancien Reichsland, un système de protection sociale avait été mis en place. Pour faciliter la prévention et les soins, les organismes d’assurance étaient autorisés à utiliser une partie de leurs ressources pour créer ou subventionner des établissements. Les caisses et les villes pouvaient accorder des subventions de fonctionnement ou d’investissement.

Héritage bismarckien

D’autre part, du fait des lois d’assistance obligatoire, il n’y avait pas de « petits » diaconats paroissiaux, mais une implication des pasteurs et des conseillers presbytéraux dans les bureaux d’aide sociale des communes qui avaient l’obligation de venir en aide aux « indigents » au niveau des ressources, du logement, des soins et de l’organisation d’obsèques. Du fait de cet héritage bismarckien, les œuvres diaconales protestantes en Alsace se distinguaient par maints aspects de celles des autres départements français. Leur organisation et leur professionnalisation avaient une génération d’avance. De ce fait, la FOE et la FIC cheminèrent en parallèle jusqu’à la constitution de la Fédération de l’entraide protestante (FEP), une quarantaine d’années plus tard… Pour aboutir un peu plus tard encore à la FEP Grand-Est.

Jean-Michel Hitter,
pasteur e.r. ancien président de la FOE puis de la FEP nationale

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Conférence sur l’histoire de la FOE-FEP Grand Est et vernissage de l’exposition Avec le grand âge, ma vie continue, le samedi 12 octobre à 11h à l’Institut Bruckhof à Strasbourg. Informations : grandest@fep.asso.fr 

 

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